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Ford Mustang Convertible GT 2010 : essai routier

9-8-2009

by Luc Gagné, Auto123.com


Son moteur est puissant et émet un son rauque et grave. Sa conception n’est pas des plus modernes. D’ailleurs, sa silhouette exploite un thème indéniablement rétro. La tenue de route privilégie le confort et manque de finesse à haute vitesse. Malgré tout, elle plaît surtout aux «Baby Boomers».

Pour aimer cette Mustang décapotable, il faut accepter un mélange de rusticités et de raffinement.

Je ne décris pas une moto Harley-Davidson, mais une décapotable dont le nom fait titiller une chapelle d’amateurs depuis 1964. La Ford Mustang GT continue de faire les beaux jours des amateurs de voitures sports... américaines . Une précision importante qui distingue ce « Cruiser » (façon Harley) d’une sportive pour ville et circuit, comme la Honda S2000.

La différence? Essentiellement, elle tient dans le traitement et le comportement routier. L’icône américaine ne mise pas sur un raffinement technologique d’avant-garde. On laisse ça à des cabriolets comme l’Audi TT, la Mercedes-Benz SLK et la BMW Z4; des décapotables plus chères, de toute façon.

Car le prix aussi joue pour beaucoup dans cette équation, et Ford mise là-dessus pour susciter l’engouement des amateurs de soleil et de ciel bleu, tout comme les fabricants de ses rivales : les cabriolets Sebring, G6 et Eclipse... oui, oui, une japonaise qui joue à l’américaine!

Souffle à revendre
Une Mustang GT, ça peut rouler vite. Avec 315 chevaux sous le capot (15 de plus qu’en 2009), accélérer de 0 à 100 en moins de 6 secondes ne pose aucun problème. À part la forte consommation, bien sûr, qui tourne autour des 14 litres aux 100 kilomètres en moyenne (chiffres d’essais).

La puissance parvient aux roues arrière par le biais d’une boîte manuelle à 5 rapports (ou, sur demande, une automatique qui en a autant). Non. Pas de manuelle à 6 rapports ici... même si les nouvelles Camaro et Challenger peuvent en avoir une!

Bof! Le nombre de rapports ne constitue nullement une source d’ennuis, puisque son maniement ne prête à aucune critique, au contraire. Non. À haute vitesse, c’est l’instabilité de cette sportive qui déçoit. Un joint de dilatation au sommet d’un viaduc courbe franchi à plus de 100 km/h suffit à déclencher un léger décrochement du train arrière, comme s’il s’agissait d’une vulgaire Mercury Grand Marquis. Un mouvement de travers agaçant que les passagers n’apprécient guère. Et ils l’expriment!

À tout le moins, Ford équipe maintenant la Mustang d’un contrôle électronique de stabilité AdvanceTrac. Un système qui est jumelé à l’antipatinage (fonctionnel quelle que soit la vitesse) et l’antiblocage de freins.

Le nouveau V8 produit plus de puissance : 315 chevaux au lieu de 300.


Du nouveau en 2010
On reconnaît la Mustang millésimée 2010 à de nouveaux attributs esthétiques : les boucliers inférieurs, les ailes et la calandre qui ont été redessinés, de même que le capot surélevé qui recouvre les phares.

Icône de l’industrie américaine, la Mustang 2010 adopte des traits renouvelés.

On a aussi intégré les gicleurs de lave-glace à l'auvent et déplacé l'antenne de la radio à l'arrière, pour raffiner la silhouette et réduire les bruits éoliens parasites.

Les ailes dotées d’élargisseurs de passage de roue mettent en valeur les imposantes roues d’alliage de 19 pouces de la GT que nous avons conduite (des roues de 17 pouces équipent les Mustang plus humbles). Avis aux propriétaires québécois : si vous conduisez cette Mustang l’hiver, planifiez un budget substantiel pour la chausser de pneus d’hiver...

Derrière, les coins de la carrosserie en angle marqué ne plaisent pas à tous les puristes de la marque. On me l’a souligné quelques fois. Hmmm... Que voulez-vous, la Mustang est avant tout une affaire de coeur, rarement de raison!

Les feux arrière redessinés incorporent trois ampoules à diode électroluminescente (DEL). Lorsque le conducteur actionne les clignotants, elles s’illuminent de façon séquentielle, de l’intérieur vers l’extérieur. Ce détail m’a rappelé les Ford Thunderbird des années 1965 à 1971, de même que les Mercury Cougar de 1967 à 1973, que conduisait mon vieil oncle. Elles aussi avaient des clignotants séquentiels à triples lentilles de la sorte. Un mythe ne peut passer outre une tradition, qui plaît aux Baby Boomers. Ford le sait et l’exploite bien.

Sur un plan plus fonctionnaliste, la Mustang 2010 innove d'une autre façon. Certaines versions peuvent désormais recevoir une caméra de recul. Intégrée au becquet qui coiffe le couvercle du coffre, elle permet de voir sur l’écran du système de guidage optionnel ce que la ligne de caisse très haute masque : les obstacles qui se cachent derrière la voiture et qu’on espère éviter de frapper lorsqu’on recule avec cette voiture, capotée ou non. Vous savez, les butoirs en béton et le tricycle de fiston, qui laissent des traces sur le pare-chocs!

L’arrière de la voiture avec ses flancs en coin et les feux à triples lentilles distinguent le modèle 2010.


Intérieur revu
L’intérieur fait également peau neuve. Le nouveau tableau de bord conserve une allure massive, mais il adopte un nouveau revêtement doux au toucher, qui couvre entièrement sa surface. Des appliques en aluminium satiné contribuent, par ailleurs, à rappeler les Mustang d’antan.

Les sièges et les accoudoirs sont garnis de matériaux doux aux fines piqûres. Les sièges baquets sont amples, mais ils ne fournissent pas beaucoup de support latéral. Quant aux places arrière, comme le veut la tradition, y accéder requiert la souplesse d’une gymnaste et sa taille de guêpe! Mais que ne ferait-on pas pour profiter du grand air dans une Mustang décapotable...

Les appliques d’aluminium satiné, qui parent le tableau de bord, évoquent les modèles du passé.

La Mustang reçoit désormais le système multimédia SYNC, qui bénéficie de nouvelles fonctions comme l'assistance d’urgence 911. Le conducteur peut aussi personnaliser l'éclairage de l’habitacle et des six cadrans du tableau de bord avec le système « My Color », qui offre rien de moins que 125 combinaisons de couleurs! Un gadget insignifiant qui fait beaucoup parler.

Il faut, par contre, souligner la qualité de l’insonorisation de l’habitacle. L'ajout de matériaux insonorisant y contribue avec succès. Cela permet de profiter davantage de la chaîne audio et du son riche du V8!

Bref, pour aimer cette Mustang décapotable, il faut accepter un mélange de rusticités et de raffinement. Alors, on « oublie » les irritants. De toute façon, un cabriolet sera toujours le fruit d’une somme de compromis. La conception d’une Mustang GT ne répond pas aux mêmes compromis qu’une Honda S2000. D’ailleurs, l’acheteur de l’une et l’autre de ces deux voitures ne partagent pas les mêmes priorités. Et si ces compromis deviennent inacceptables, alors, on doit se contenter d’une vulgaire berline!